Plus de maisons de naissance et de pôles physiologiques à Paris?

Nous étions lundi 5 décembre au forum et à la table ronde organisés à la maternité de Port Royal.

Nous avons pu rencontrer lors du forum:

 

Une visite du pôle physiologique nous a permis de constater une réelle volonté de la maternité de Port Royal d’offrir une alternative aux grossesses sans pathologies.

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S’en est suivie une table ronde animée par une journaliste et qui a réuni :

  • Madeleine Akrich, sociologue et membre du CIANE
  • Maud Arnal, sage-femme et doctorante en sociologie à l’EHESS
  • Anne Morandeau, sage-femme au CALM
  • Carine Jangal, sage-femme au pôle physiologique de Port Royal
  • Marc Dommergues, chef de service à la Pitié Salpétrière

 

Il a été fait un état des lieux de l’offre et de la demande concernant l’accouchement physiologique.

En effet se pose la question de savoir si la demande existe en dehors des cercles militants et la réponse est donnée par les médias qui s’emparent de plus en plus du sujet ce qui nous prouve que cette question intéresse plus que les cercles avertis.

Dans les éléments de réponse il y a également les résultats de la grande enquête menée depuis 2012 par le CIANE sur le déroulement des accouchements et la manière dont le vivent les femmes, et vous pouvez d’ailleurs toujours y participer.

Et également certaines petites maternités menacées de fermeture ont pu se relever et garder leur activité proposant et développant une offre de pôle physiologique.

Il y a également une demande du côté des sages-femmes pour arriver à une offre une femme/une sage-femme.

Mais alors finalement faut-il attendre la demande?

Le problème étant toujours la rentabilité, la cotation à l’acte pose un dilemme dans le cadre d’un accouchement physiologique qui impose une certaine inactivité mais une attention accrue de la part de la sage-femme. Alors comment coter ces « non » actes?

L’obstacle radical est la valorisation du travail des sages-femmes de la fonction publique. Une des solutions est l’externalisation du suivi par des sages-femmes libérales qui a été mis en place à la maternité de Port Royal par exemple.

Madeleine Akrich, nous rappelle que le CIANE s’est positionné concernant l’appellation « accouchement physiologique » et souhaiterait que l’HAS (Haute Autorité de Santé) définisse clairement les critères pour les pôles physiologiques et salle « nature » afin que les professionnels comme les parents sachent  vraiment de quoi il est question.

En 2012, le CNGOF (Collège National des Gynécologues-Obstétriciens Français) se positionnait sur le suivi, l’accompagnement et la prise en charge de « l’accouchement physiologique. »  Il prend parti pour les espaces physiologiques  « Les expériences existent déjà (espaces physiologiques, salles nature) et il est possible de se baser sur leurs résultats satisfaisants pour poursuivre dans cette voie, avec pour seuls objectifs le bien-être de la patiente et de son nouveau-né et le respect absolu de leur sécurité. »

Pourquoi n’arriverait on pas à des accouchements ambulatoires?

Les professionnels de la santé n’ont pas de réponse à cette question, le problème de la rentabilité étant toujours en ligne de compte et ils ne peuvent pas faire plus avec toujours moins de personnel.

Concernant les maisons de naissance il a été évoqué la question de l’attenance à une maternité hospitalière.
Les réponses sont variées allant du besoin de sécurité en cas d’urgence (le critère qui a d’ailleurs imposé cette condition aux maisons de naissance expérimentales) à une volonté d’externaliser totalement les maisons de naissance. Le chef de service de Nanterre présent dans la salle rappelle qu’en France il aurait été totalement inenvisageable dans un premier temps de laisser les maisons de naissance loin des maternités (culture du risque et paternalisme médical en cause).

Anne Morandeau, sage-femme à la maison de naissance Calm pense que l’attenance est dépendante du voisin, si les liens avec la maternité partenaire sont bons, pas de problèmes mais si les liens sont mauvais ou inexistants, cela met en péril la sécurité et la confiance des parents et des sages-femmes.
Et elle rappelle que le taux de transfert est marginal, environ 30% soit 15% pendant la grossesse et 15% lors de l’accouchement.

Marc Dommergues, le chef de service de la Pitié Salpétrière pense que changer un peu les pratiques pourra apporter un changement plus global.

En conclusion:

Il est donc évident que la demande est présente et pas uniquement dans les cercles militants ou professionnels, mais elle affronte un système médical et économique figé et qui demanderait une remise en cause de son fonctionnement assez global. Si les professionnels de la santé sont plutôt favorables à un développement des pôles physiologiques et des maisons de naissance, les gestionnaires ne sont pas favorables à une augmentation du personnel sans avoir de garantie de rentabilité.

Et ajoutons que les politiques vont dans le sens des gestionnaires et sont plutôt dans la diminution des effectifs de fonctionnaires que dans l’augmentation.

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3 réflexions sur “Plus de maisons de naissance et de pôles physiologiques à Paris?

  1. Merci pour cette article 🙂 il résume bien le pourquoi du frein aux maisons de naissance alors qu’elles sont pourtant de plus en plus demandées. En espérant qu’il y aura de véritable changement dans peu de temps, c’est pas comme si ce projet commençait à dater :/

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